PRUDHOMME Georges , Victor

Né le 21 mai 1929 à Outreau (Pas-de-Calais), mort le 17 novembre 2 000 à Tremblay en France (Seine-Saint-Denis) . Ouvrier ajusteur, militant communiste. Maire de Tremblay les Gonesse devenue Tremblay en France (1965 – 1991). Conseiller général de Seine-et-Oise, puis de Seine-Saint-Denis (1964 – 1998).

Fils d’un employé des Chemins de fer, il était avec son frère jumeau Raymond, le dernier d’une famille de 5 enfants et tôt orphelin de mère, fut élevé en partie par sa sœur aînée. Il se maria le 16 juin 1951 à Aulnay sous Bois (Seine-et-Oise devenue Seine-Saint-Denis) avec Francine Simone Lucienne Henninot dont il eut trois enfants.

Il passa son enfance à Outreau, puis son père lui fit quitter cette ville rattachée à la zone interdite instituée par les occupants allemands. Il passa son certificat d’études à Sarzeau (Morbihan), puis s’établit à Aulnay sous Bois. Il fut employé à l’entreprise Westinghouse de Sevran (Seine-et-Oise devenue Seine-Saint-Denis) de 1943 à 1951, puis de 1951 à 1953 chez Rateau à la Courneuve (Seine devenue Seine-Saint-Denis) et entra en 1953 à la fonderie de radiateurs Idéal Standard d’Aulnay sous Bois.

D’abord militant de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), G. Prudhomme adhéra à la CGT, puis au PCF en 1955. En 1959, il était responsable syndical et secrétaire du comité d’établissement d’Idéal Standard et pratiquait activement le football à la fédération sportive et gymnique du travail (FSGT).En 1960, il était secrétaire de la section communiste d’Aulnay sous Bois et en 1961 membre de la commission exécutive de l’Union locale CGT d’Aulnay, ainsi que secrétaire du syndicat des métaux de la région d’Aulnay. En 1954, il se présenta aux élections municipales d’Aulnay.

De 1959 à 1962, il siégea au comité fédéral de Seine-et-Oise du PCF et de 1962 à 1965 au bureau fédéral comme responsable de la région d’Aulnay, très vaste canton qui comptait alors 122 000 habitants.. Il avait suivi un stage éducatif du PCF d’un mois, puis un autre de 4 mois. A partir de 1965, il redevint membre du comité fédéral de Seine-et-Oise nord, puis de Seine-Saint-Denis.

Permanent en 1964, Georges Prudhomme, qui s’était installé à Tremblay en 1959, devenait le principal collaborateur du maire, Gilbert Berger qui allait se retirer. Il commençait alors une série de mandats électifs par celui de conseiller général de Seine-et-Oise en mars 1964 dans le canton de Sevran. Ces élections cantonales se déroulaient en prélude au découpage du département de Seine-et-Oise qui passait de 41 à 67 cantons ; celui de Sevran était détaché de celui d’Aul nay et comprenait les communes de Sevran, Tremblay et Villepinte. En dix ans ces trois communes avaient connu une progression démographique de plus de 40% sur une zone à urbaniser en priorité (ZUP) organisée par le District de la Région parisienne. Une recomposition des forces politiques était en cours avec un rapprochement des partis de gauche qui s’unissaient pour le deuxième tour de ces élections dans la plupart des cantons de Seine-et-Oise, mais pas celui de Sevran où le candidat socialiste André Toutain, maire de Sevran, se maintenait. G. Prudhomme fut élu avec 54,72% des suffrages exprimés. L’année suivante, il était élu au premier tour sur la liste conduite par Gilbert Berger, avec 65,56% des suffrages exprimés et il devenait maire de Tremblay. Il fut réélu quatre fois, toujours au premier tour, sur des listes d’union de la gauche avec une forte majorité (de 59 à 73%). Il fut aussi réélu conseiller général de Seine-Saint-Denis dans le nouveau canton de Tremblay limité à cette commune. En 1967, au premier tour avec 65,15 % des suffrages exprimés, puis en 1970, 1976, 1982 et 1988. En 1970, G. Prudhomme était secrétaire questeur du conseil général et présidait le syndicat intercommunal des eaux.

Pendant ses mandats, la ville connut encore une forte croissance démographique, passant de 13 788 habitants en 1964 à 31 385 en 1990 (plus 127%). Aux lotissements pavillonnaires s’ajoutaient les grands ensembles. Le conseil municipal obtint une réduction de la ZUP prévue par le District (3 500 logements au lieu de 5 500) et surtout sauvegarda les espaces boisés du nouveau centre où fut inauguré en 1981 un très vaste hôtel de ville. Le patrimoine archéologique du Vieux Pays fut également préservé. La commune, il est vrai, bénéficia de la construction de l’aéroport Charles de Gaulle, commencée en 1965 et dont une partie se situe sur son territoire.

Après plus de quatre mandats de maire, Georges Prudhomme démissionna en 1991, laissant la place au député François Asensi.

Décoré de la Légion d’Honneur en 1992, il se retira en Dordogne où il est inhumé.

Nadia TENINE MICHEL

Sources : A.D. Seine-et-Oise et Yvelines : 1 W 1016, 1021, 1116, 1128, 1104 W 45 et 50 A.D. Seine-Saint-Denis : 16 W 1 et 24 Arch. com. Aulnay sous Bois : 1 W 527 Etat civil d’Outreau Arch. Comité national du PCF Le Monde 10 – 03 – 1970, 9 – 03 – 1976, 8 – 03 – 1983, 14 – 03 – 1989 Le Parisien 3 – 08 – 1988 93 Hebdo 15 et 22 – 03 – 1991 Tremblay Magazine février 1992 Madeleine Levreau – Fernandez : « Tremblay, je t’aime », Paris, Messidor 1985 Entretien avec Madame Dominique Prudhomme, septembre 2003.

Vous aimerez aussi...