Jean BELLENGER
https://carolinetrouillet.wordpress.com/2013/03/07/jean-bellanger-itineraire-dun-militant-a-saint-denis/
Jean Bellanger, itinéraire d’un militant à Saint-Denis
Publié le 7 mars 2013 par carolinetrouillet
Prêtre-ouvrier, peintre en bâtiment, militant cégétiste, engagé au PCF, Jean Bellanger a décliné dans tous ces costumes son engagement auprès des ouvriers français et immigrés. À 81 ans, cet humaniste est un personnage incontournable de la vie associative et politique de Saint-Denis (93). Mémoire de l’histoire industrielle du territoire, il revient sur son engagement à l’occasion de son ouvrage Combat de métallos, les Cazeneuve de la Plaine Saint-Denis, en librairie depuis le 17 janvier.
Basilique Saint-Denis, là où les rails du tramway croisent depuis peu le chemin des poulies. En route vers la mairie, Jean taquine son ami Ali, fidèle à son kiosque à journaux depuis des années. Jean Bellanger est ici chez lui, cela ne fait aucun doute. Ce » grand bonhomme » discret cache ses 81 ans derrière des yeux rieurs, bientôt frondeurs. Il est connu comme le loup blanc dans cette ville où son militantisme s’est épanoui depuis la fin des années 1960. Les élus, les journalistes, les commerçants, les voisins, les travailleurs migrants des foyers le croisent et le reconnaissent. Beaucoup sont des amis, comme le grand reporter Marcel Trillat ou le maire Didier Paillard.
Dans cette ville, il y a plus de trente ans, la grande entreprise de machines-outils Cazeneuve allait fermer. Des métallurgistes se battent en nombre, durant trois années, pour sauvegarder leur usine. Jean Bellanger était de ce combat dont il a soigneusement consigné l’histoire dans des cahiers. Aujourd’hui, encouragé par l’association Mémoire Vivante, il rassemble ces notes pour témoigner dans l’ouvrage Combat de Métallos d’une lutte qui éclaire un tournant de l’histoire ouvrière. Jean retrace à cette occasion son parcours singulier, celui d’un homme pour qui la défense des droits des immigrés est un principe de vie. Ce témoignage donne à voir quelles peuvent être les racines et les résonances d’un tel engagement.
Les premières années de prêtrise
Parmi ses trois frères et sœurs, Jean a toujours été le plus engagé, révolté par l’injustice. Cette fièvre lui vient peut-être un peu de son père, compagnon du Tour de France, qui avait fondé autour de ses camarades une autre famille de cœur. Peut-être vient-elle aussi de la foi de sa mère, catholique pratiquante qui n’a jamais caché ses distances avec le milieu bourgeois. Jeune, étouffant dans le carcan d’un enseignement catholique, Jean découvre de manière salutaire une manière de réconcilier engagement social et religieux à travers la figure des prêtres-ouvriers. Dans les années 1950, il décide de s’engager dans une Église à l’orientation sociale assumée, » se voulant proche des hommes et des ouvriers « , au moment même où le pape Pie XII réprime cette orientation en interdisant aux prêtres de travailler.
Sa rencontre avec le Maghreb est alors décisive. En 1955, en pleine guerre d’Algérie, Jean effectue son service militaire au Maroc. Frustré de ne pouvoir se faire » une idée juste du Maroc et s’ouvrir à son peuple « , il demande à être démobilisé pour travailler à l’hôpital d’Aïn-Chock à Casablanca. Il tisse alors de solides liens d’amitié avec des » camarades d’infortunes « , selon ses mots, qui habitent dans le bidonville de Ben M’Sick. De retour en France, Jean est ordonné prêtre en 1961 et nommé à Vénissieux où il fraternise avec des travailleurs algériens et quelques responsables du Front de Libération Nationale. Ces premières années de prêtrise l’ont convaincu que sa vie » (…) n’avait de sens que dans le don de soi « . Conviction qui ne sera que plus forte après une année passée en Algérie dans un dispensaire de la ville de Guelma. Symbole de l’importance des rencontres de cette période, il dédie son livre à Abderrahmane, un ami lépreux qu’il avait rencontré en Algérie.
Syndicalisme et immigration
Jean est muté à Saint-Denis en 1966. Peintre en bâtiment jusqu’en 1980, il mène de front ses journées de travail avec son combat pour la dignité des travailleurs étrangers. » Tout le monde se souvient de mai 1968 et de Cohn-Bendit mais à cette époque il y avait aussi beaucoup d’associations qui se structuraient pour réfléchir à la place des immigrés dans la société « . Proche de groupes militants d’affiliation catholique, il crée une antenne locale de l’ASTI (association de soutien aux travailleurs immigrés) et participe à l’implantation de la Cimade à Saint-Denis. Puis en 1970, Jean rencontre celle qui deviendra sa femme et décide de fonder une famille. Son désir n’est pas de rompre avec l’Église, mais il doit pourtant accepter » sa réduction à l’état laïc « . Il décide alors de s’engager comme syndicaliste et militant communiste, et abandonne la prêtrise. En 1972, Jean organise avec le maire adjoint Maurice Manoël la première » quinzaine contre le racisme » afin de commémorer les morts du 17 octobre 1961 : » À la suite de la guerre d’Algérie, il existait un racisme plus ou moins avoué. Beaucoup de familles avaient envoyé des fils en Algérie qui ne sont jamais revenus. Ça a laissé des traces dans la société française « . À la fin des années 1970, alors secrétaire de l’Union locale CGT de Saint-Denis, il écrit le récit d’une lutte qu’il le marquera, celle des ouvriers de l’entreprise Cazeneuve contre la fermeture de leur usine. Un exemple de l’engagement de nombreux salariés contre la désindustrialisation de la France dans ces années.
Devenu ensuite responsable du secteur immigration au sein de la CGT, Jean œuvre pendant plus de dix ans pour sensibiliser le syndicat aux droits des travailleurs immigrés. » La CGT, comme le Parti Communiste, considérait les immigrés comme des travailleurs lambda. Je pense que c’est une mauvaise lecture de la laïcité, on se donne bonne conscience en se disant on est tous pareil. Mais c’est faux, de fait les immigrés n’avaient pas les mêmes droits « . Le secteur immigration a toutefois disparu à la fin des années 1990. » C’est grâce à des militants comme lui que la CGT est devenue un des principaux soutiens des immigrés. Il souhaitait vraiment que les travailleurs étrangers deviennent syndicalistes. Il est en quelque sorte l’ancêtre de la lutte des sans-papiers des années quatre-vingt « , rappelle Marcel Trillat, grand reporter et ami de longue date. C’est guidé par Jean que ce journaliste engagé au PCF avait réalisé en 1970 son documentaire Étranges Étrangers, découvrant caves, squats et foyers où vivotaient les immigrés de St-Denis.
Un dernier combat auprès des travailleurs migrants de Saint-Denis
Retraité depuis 1994, il crée la même année une association de solidarité avec les travailleurs immigrés : Ensemble, Vivre, Travailler et Coopérer (EVTC). Il préside aussi jusqu’en 2009 l’Association nationale d’enseignement du français aux travailleurs immigrés (AEFTI). De la même manière qu’il souhaitait impliquer les travailleurs immigrés des années 1970 dans les organisations syndicales, il encourage les résidents des foyers de sa ville à se battre pour faire reconnaître leurs droits. Avec le COPAF (Collectif pour l’avenir des foyers) il a amené les résidents à se structurer en coordination des foyers à l’échelle de la communauté d’agglomération Plaine-Commune. Son responsable, Boubou Soumaré, jeune délégué mauritanien du foyer Bailly, loue l’engagement de ce monsieur : « Il nous amène vers les personnes importantes, à la recherche d’une reconnaissance des droits des immigrés. C’est un guide ». De ces liens de cœur avec les travailleurs, enracinés dans son vécu au Maroc et en Algérie, Jean voulait presque en faire des liens de sang. Ainsi, il donna des prénoms arabes à son fils Emmanuel, ou Karim et sa fille Marie, ou Iran. Il raconte : « Mon fils a été sans prénom pendant trois jours après sa naissance parce qu’à la maternité on ne voulait pas reconnaître le prénom Karim. J’ai dû aller au tribunal pour avoir gain de cause ».
Dans un mois, la Quinzaine antiraciste et solidaire de Saint-Denis fêtera sa quarante et unième édition. Jean Bellanger en sera bien sûr, comme il l’a été ces quarante dernières années. Il y a quelques mois, il avait déjà été frappé, aux côtés de représentants de résidents, à la porte du ministère du logement. La fièvre militante et la fibre humaniste de Jean se déclinent ainsi aujourd’hui, entre la défense des jardins familiaux de sa ville en reconversion et son combat pour la dignité des travailleurs immigrés.
Article publié sur Africultures.com
______________________________________________________
https://archives.saintdenis.fr/archive/fonds/FRAM93066_000000210
|
titre : Fonds Jean Bellanger aux AM de Saint-Denis |
|
auteur : par Maud Le Fichant |
|
cotes : 64 S |
|
dates extrêmes : 1920-2012 |
|
importance matérielle (en mètres linéaires) : 17.5 ml |
- histoire administrative
Jean Bellanger est né en 1932 à Candé dans le Maine-et-Loire, terre catholique.
On le destine à la prêtrise, mais ce qu’il perçoit de l’Église » traditionnelle » ne lui convient pas. L’action sociale menée par les prêtres-ouvriers le séduit et il entre dans un centre de formation de la banlieue parisienne. En 1952, il participe à ses premières manifestations aux côtés du Mouvement de la Paix, de la CGT et du PCF et rencontre des militants et des prêtres-ouvriers.
En 1953, il entre au grand séminaire de Versailles. Trois grands évènements de l’année 1954 marquent son engagement et le conduisent à entrer, à la fin de son service militaire en 1957, au séminaire du Prado. Il s’agit de l’appel de l’abbé Pierre, la condamnation des prêtres-ouvriers par l’Église et le début de la Guerre d’Algérie.
Son service militaire se déroule de 1955 à 1957 au Maroc. Il demande à être démobilisé pour travailler dans un hôpital marocain. Il retrouve le Maghreb, en 1964. Avant d’être nommé prêtre-ouvrier, il est envoyé en Algérie pour se mêler à la population. Il garde des liens d’amitié dans ce pays.
Il est ordonné prêtre en 1961 puis nommé vicaire de la paroisse du Moulin-à-vent de Vénissieux. Aumônier de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), il encadre également de jeunes délinquants de la ville.
En 1966, il est affecté à la paroisse de l’église Sainte-Geneviève, à La Plaine Saint-Denis. Il emménage au presbytère du 131 avenue du Président Wilson. Il travaille comme prêtre-ouvrier, en tant que peintre intérimaire, dans des entreprises du bâtiment, jusqu’en 1980.
En 1966, il s’engage auprès du Mouvement de la Paix, avec le parrainage du maire-adjoint Maurice Manoël, notamment. C’est avec lui qu’il met sur pied la première quinzaine de l’immigration en 1972.
Autour de plusieurs associations d’origine chrétienne et des membres du Parti socialiste unifié (PSU), un groupe se constitue et des cours d’alphabétisation sont donnés dans plusieurs paroisses. Jean Bellanger est chargé de créer une antenne locale de l’Association de solidarité avec les travailleurs immigrés (ASTI). Parallèlement il dispense des cours d’alphabétisation à La Plaine dans les locaux de la paroisse puis dans les baraquements du square Saint-Just. Il coordonne d’autres actions d’alphabétisation, en dehors de l’ASTI, dont la rédaction des fiches liées à l’actualité.
Dès son arrivée à La Plaine, il y rencontre une militante jociste, Geneviève Tissot, qui devient son épouse en 1971. Ils se consacrent, comme de nombreux militants de Saint-Denis, aux échanges avec les travailleurs immigrés du bidonville du Franc Moisin et aux luttes à leurs côtés.
Il quitte les Missions ouvrières en raison de son mariage avec Geneviève Bellanger.
Devenu salarié, Jean Bellanger se rapproche de l’union locale CGT et participe activement aux réunions. En 1971, il en devient le secrétaire adjoint. Cette période 1974-1985 est marquée par de nombreux conflits, durs et durables, notamment dans les usines de La Plaine Saint-Denis. Les luttes menées dans les établissements Cazeneuve sont indissociables du parcours militant de Jean Bellanger.
En 1981, Jean Bellanger prend la responsabilité du secteur immigration de la Confédération et siège de fait à la commission exécutive confédérale. Cette responsabilité confédérale lui permet de siéger au sein de nombreuses structures et organisations paritaires Il quitte le secteur confédéral immigration en 1994 mais continue de siéger au Fonds d’action sociale pour les travailleurs immigrés et leur famille (FAS).
Il rencontre au presbytère des jeunes communistes d’Ivry qui s’intéressent à la proximité avec l’immigration et les réflexions relatives aux travailleurs immigrés, différentes de celles du Parti communiste français (PCF). En 1972, Geneviève et Jean Bellanger adhèrent au PCF avec Maurice Manoël, maire-adjoint de Saint-Denis et secrétaire de la fédération PCF de Seine-Saint-Denis. Membre du comité de section de La Plaine jusqu’à la fin de son existence, puis du comité de section de Saint-Denis, Jean Bellanger se considère comme un militant sans responsabilités.
Une » partition des tâches militantes » existe au sein du couple Bellanger. En effet, Marcelin Berthelot, maire de Saint-Denis, demande à Jean Bellanger de s’investir davantage à l’union locale qu’au PCF, afin de privilégier l’aspect syndical des luttes. Geneviève Bellanger, quant à elle, se concentre sur le volet politique PCF et la politique municipale. Elle sera d’ailleurs élue conseillère municipale, puis maire-adjointe à l’information et à l’immigration.
En tant que secrétaire de l’union locale CGT de Saint-Denis, Jean Bellanger est membre directeur du comité de ville. Ce » triumvirat symbolique « , comme il le définit, regroupe Guy Charpentier, secrétaire de la section PCF de Saint-Denis, Marcelin Berthelot, maire de Saint-Denis et lui-même. Cette structure, fédérant les partis politiques, les associations et les syndicats, est un véritable organe de décision et joue un rôle important dans l’information et l’action entre 1972 et 1980. Sa place au sein de ce triumvirat lui donne de fait des responsabilités politiques. Geneviève Bellanger, alors secrétaire de section, estime que, d’une certaine manière, » Jean au sein du comité de ville a plus de responsabilités « .
Jean Bellanger est élu au comité fédéral du PCF lorsque François Asensi est secrétaire, entre 1979 et 1985. Il considère que le travail de terrain ne peut se faire dans cette instance et y reste peu de temps.
Selon lui, l’Église, le PCF et les syndicats ont une vision tronquée du travailleur immigré, le percevant simplement comme » de passage « . C’est sur ce constat qu’avec le soutien d’Henri Krasucki il favorise les rencontres entre la CGT et les associations d’immigrés. Avec le secteur immigration de la CGT, il crée en 1971 l’Association pour l’enseignement et la formation des travailleurs immigrés (AEFTI) qui doit permettre l’apprentissage de la langue française, indispensable pour les travailleurs migrants. Jean Bellanger devient co-président de l’AEFTI pour affirmer que la CGT en est partie prenante. Il en est président entre 1991 et 2009. A partir de 2009, il devient président d’honneur.
En 2004, l’Association pour le droit à la langue du pays d’accueil, dont Jean Bellanger est le président d’honneur, est créée. Pour lui, il est important de concevoir l’apprentissage de la langue française comme un droit, un outil de la citoyenneté. La question des foyers de travailleurs migrants est centrale dans son engagement et il s’est toujours efforcé d’introduire l’apprentissage de la langue dans les foyers.
Représentant de l’union locale CGT auprès des résidents des foyers, Jean Bellanger lutte à leurs côtés depuis les années 1970 sur des thématiques récurrentes. Entre 2003 et 2009, plusieurs conflits éclatent dans les foyers de Saint-Denis et d’Epinay-sur-Seine. Ils ont le plus souvent les mêmes origines : le montant des loyers, l’insalubrité, les atteintes à la vie privée, la représentativité du comité des résidents auprès de la direction, les expulsions, etc. La municipalité de Saint-Denis s’implique également dans cette lutte, notamment avec la signature d’un protocole d’accord. Pour lui, il est important que les résidents portent leurs revendications même s’ils sont soutenus par des syndicats, des partis politiques ou des associations. Ce constat préside à la création de la Coordination des foyers de Plaine Commune à la fin des années 2000.
Lorsque Plaine Commune décide de mettre en place un conseil de développement, Jean Bellanger compte parmi les premiers volontaires et siège en tant que membre du groupe des » issus des organismes et associations qui participe à la vie collective de la ville » pendant 10 ans, entre 2000 et 2010. Il s’investit prioritairement au sein du groupe de travail » Habitat » mais participe, à la demande ou quand les thématiques l’intéressent, à d’autres groupes de travail. Il y défend fermement la cause des foyers sur le territoire de Plaine Commune.
Jean Bellanger estime qu’il existe une plus grande liberté d’action au sein d’associations que dans les grandes centrales syndicales ou politiques puisqu’on y dispose des orientations. C’est dans cet esprit que l’association Ensemble, vivre et travailler est née. Toutefois, sur les questions des foyers, Jean Bellanger a toujours tenu à représenter l’union locale CGT, en raison de la permanence et de la stabilité de ce type de centrale. Selon lui, Ensemble, vivre et travailler est un » faire-valoir pour l’union locale « . Yves Laverne est à ses côtés dès les débuts de l’association. Ce prêtre-ouvrier est très sensible à la question des sans-papiers et s’occupe des questions prud’homales à l’union départementale CGT. C’est donc naturellement que l’association devient membre de la Coordination 93 de lutte des sans-papiers, en participant activement aux parrainages ainsi qu’au dialogue avec la Préfecture.
A La Plaine, Jean et Geneviève Bellanger militent également dans plusieurs structures associatives de quartier. Ils s’engagent notamment pour la couverture de l’autoroute A1. Jean Bellanger compte parmi les membres fondateurs de l’association Mémoire vivante de La Plaine, créée en 1996. A la faveur de l’installation du Stade de France, les jardiniers du Cornillon forment le Comité des jardins pour La Plaine, officiellement fondé en février 1997, pour défendre les jardins ouvriers dans le cadre du développement durable et du nouveau quartier Plaine Renaissance.
Aujourd’hui encore, Jean Bellanger continue ses combats au sein de différentes structures associatives, syndicales et politiques, nouvellement créées ou non, à Saint-Denis et à La Plaine.
- présentation du contenu
Jean Bellanger est un militant catholique, associatif, syndical et politique. Son engagement n’a jamais été segmenté de cette manière. Il est avant tout un militant de la cause des travailleurs immigrés. Il s’est saisi des différents outils à sa portée pour mener les combats qui lui tenaient à coeur. Cette porosité transparaît fortement dans son fonds.
Le contexte politique de Saint-Denis renforce cette idée de porosité. En effet, si l’organisation locale du PCF et ses instances sont bien présentes à Saint-Denis, d’autres structures comme le comité de ville sont à l’oeuvre. Cette structure et la partition des tâches militantes au sein du couple Bellanger explique la faible proportion d’archives reflétant son activité politique au PCF.
On trouve dans ce fonds des papiers personnels, des dossiers documentaires, une collection d’affiches, une collection de professions de foi pour les élections locales et nationales, une collection de films enregistrés à la télévision ainsi que des films militants produits par des associations proches de Jean Bellanger, des photographies prises par Jean Bellanger ou données au donateur.
La période de la désindustrialisation de La Plaine Saint-Denis est très présente compte tenu de l’engagement de Jean Bellanger et de l’Union locale-CGT sur cette question.
L’alphabétisation et la défense des travailleurs migrants dans les foyers comptent parmi les engagements qui ont traversé la vie militante de Jean Bellanger. Une partie importante du fonds concerne ces questions.
- modalités d’entrée
Le fonds est entré par don en 2012.
- historique de la conservation
Le fonds était conservé au domicile de Jean Bellanger, à Saint-Denis.
- mode de classement
Le mode de classement retenu met en valeur les différentes structures, syndicales, associatives, politiques, consultatives, dans lesquelles Jean Bellanger s’est investi. Ce choix peut parfois sembler arbitraire tant les documents sont liés les uns avec les autres. La difficulté de choix du mode de classement réside dans la multiplicité des engagements de Jean Bellanger. Cette multiplicité reste toutefois cohérente, l’engagement déterminant étant la défense et le soutien aux immigrés. Les autres engagements sont des engagements satellites du premier. Au fil de la production, les documents ont été classés de manière thématique en fonction du type d’engagement. En effet, Jean Bellanger ne segmente pas son militantisme en fonction des structures dans lesquelles il s’engage. Cependant, au moment de la préparation du don aux Archives municipales de Saint-Denis, Jean Bellanger a procédé à un regroupement approximatif des documents par structure. A son arrivée aux archives, le fonds était donc classé de manière mixte et prenait la forme d’un vrac conditionné dans des pochettes plastiques sans réelle logique de dossiers constitués.
- sujets
élection politique / parti politique / association / campagne électorale / anticapitalisme / communisme / mouvement ouvrier / commémoration / manifestation de protestation / catholicisme / prolétariat / immigration / entreprise / aide au développement / syndicat professionnel / chômage / licenciement / travailleur étranger / foyer / industrie mécanique / séjour des étrangers / alphabétisation / extrême droite / racisme / conflit du travail
- lieux
Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) / La Plaine Saint-Denis (quartier) / Franc Moisin (quartier) / Alger (Algérie) / Mali
- personnes
PAILLARD, Didier / GARCIA, Cristino / CAMACHO, Marcelino / BERTHELOT, Marcelin / RALITE, Jack / LAURENT, Paul / SALI, Georges / SOUCHEYRE, Maurice / BRAOUEZEC, Patrick / ZARKA, Pierre / BUFFET, Marie-George / VALBON, Georges / RAOULT, Eric / NORDEY, Stanislas / KRASUCKI, Henri / HABY, René / KERREST, Ronan / LEJEUNE, Monique / BELLANGER, Jean / BERGER, Bernard-Jean / MANOËL, Maurice / GILLOT, Auguste / GRENIER, Fernand / GILLOT, Simone / LAVERNE, Yves / DE GAULLE, Charles
- contexte historique
Guerre d’Algérie (1954-1962) / Guerre 1939-1945 / Occupation allemande (1940-1944) / Libération (1944-1945) / Guerre froide (1945-1989) / Cinquième République (1958- ) / Événements de mai 1968
- typologie documentaire
affiche / tract / revue de presse / document audiovisuel / profession de foi / communiqué de presse / brochure / document graphique / statut d’association / rapport / compte rendu / procès-verbal de réunion / correspondance / budget / rapport d’activité / discours / écrit du for privé / document photographique
- instruments de recherche
Maud Le Fichant, Répertoire numérique détaillé de la sous-série 64 S. Fonds Jean Bellanger, 2017, 86 p.
- modalités de reproduction
La reproduction est possible sous conditions. Il convient de se reporter aux dispositions du règlement intérieur de la salle de lecture et au contrat de don.
- bibliographie
Jean Bellanger, Combat de métallos : Les Cazeneuve de La Plaine Saint-Denis, Paris, L’Atelier, 2013, 175 p.
- sources complémentaires dans le service
13 SD 212 : récit de Jean Bellanger. Combat de métallos : Les Cazeneuve de La Plaine Saint-Denis. Paris : L’Atelier, 2013, 175 p.
1 S 2 : don de M. Métrot. Documents relatifs aux manifestations pour le maintien des établissements Cazeneuve à Saint-Denis (1976-1977)
22 S : fonds de la Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers (1996-2005)
21 S 9 : don de Jean Bellanger. Documents relatifs à l’aide aux travailleurs immigrés (1971, 2002)
48 S : fonds Yves Laverne.
41 Fi 56 : photographies de foyers de travailleurs migrants [1974-1993]
74 ACW 1 : versement du service des affaires économiques. Dossier Cazeneuve (1966-1978).
345 W 4 : versement du Cabinet du Maire et des adjoints. Documents relatifs au suivi des conflits pour le maintien de l’emploi dont Cazeneuve, Gibbs et Pouyet (1978-1981).
349 W 11 : versement de la direction du développement économique. Dossier Cazeneuve.
______________________________
Bibliographie : Jean Bellanger, Combat de métallos ; les Cazeneuve de la Plaine Saint-Denis
- Éditions de L’Atelier
- 17 janvier 2013
______________________________
https://viadeo.journaldunet.com/p/jean-bellanger-1898414
Jean BELLANGER
NANTERRE
En résumé
Aujourd’hui, je me prépare 40 ans après l’Evènement, à accueillir à la nouvelle Bourse du travail de saint Denis construite par Roland Castro il y a trente ans… je m’apprête donc à commémorer la venue de mes amis chiliens du syndicat de la CUTCH expulsés ou fuyant la dictature de Pinochet après l’assassinat -suicide de leur Président Salvador Allende…Il y a 40 ans j’étais heureux d’accueillir ces nouveaux amis en tant que syndicaliste CGT avec Marcellin Berthelot Maire communiste mon ami et camarade, c’était au 8 rue Suger l’ancienne bourse du travail prés de l’Eglise de l’Entrée.
Saint Denis fidèle à l’accueil des exilés politiques de l’Espagne de Franco , des italiens de Mussolini et des portugais de Salazar ne devrait pas oublier son histoire c’est ce que je dirai le 4 octobre à la bourse du travail de saint Denis devant nos amis Chiliens réunis ce soir la à nouveau à saint Denis fidèle a sa tradition
Jean Bellanger
Mes compétences :
Syndicaliste ,auteur de combat de METALLOS LES CAZ
Responsables secteur immigration CGT de 1980 à

Commentaires récents